Dispatch est la fonctionnalité qui vous permet d'envoyer une instruction depuis votre téléphone pour que Claude effectue le travail sur votre propre ordinateur. Dans les mots officiels, « vous pouvez écrire à Claude depuis votre téléphone et lui faire travailler sur votre ordinateur de bureau » (Assign tasks from anywhere in Claude Cowork). Ça ne tourne pas dans le cloud. C'est votre machine réelle qui bouge.

Voilà le point de bascule de toute évaluation de cette fonctionnalité. L'ampleur de ce qu'elle peut faire et l'ampleur du danger sortent du même et unique fait. Parce qu'elle peut atteindre vos fichiers locaux, vos services connectés, vos applications installées et l'écran lui-même, « c'est fait avant votre retour à la maison » devient possible — et, pour exactement la même raison, un accident ici est un accident réel.

⚠️ Ce danger n'est pas de la dramatisation de ma part. Anthropic l'écrit dans ses propres pages d'aide : « Une instruction manipulée, une commande inattendue ou un lien de phishing ouvert dans votre navigateur pourraient déclencher en cascade des actions difficiles voire impossibles à annuler. » Cet article part de la spécification pour établir où cette cascade s'arrête et où elle ne s'arrête pas.

📌 D'où viennent ces informations : chaque comportement, formule éligible et valeur par défaut ci-dessous a été vérifié au 9 août 2026 dans les articles d'aide officiels et le blog officiel d'Anthropic. Dispatch est en bêta et l'utilisation de l'ordinateur est une research preview : les deux en sont donc à un stade où la spécification bouge encore. Confirmez les libellés des écrans de réglages et les valeurs par défaut auprès des sources officielles les plus récentes.

1. Ce qu'est Dispatch

Le cadrage officiel est celui d'« une conversation continue ». Claude Cowork vous donne une seule conversation continue, que vous pouvez reprendre depuis votre téléphone ou depuis votre ordinateur — non pas deux discussions séparées sur deux appareils, mais un dispositif où le même fil se reprend d'un côté comme de l'autre.

Ce que Dispatch ajoute par-dessus tient en une phrase : le travail se fait sur le PC. Une demande que vous lancez depuis votre téléphone est traitée sur votre ordinateur, Claude utilisant les mêmes connecteurs, plugins et accès aux fichiers que vous avez déjà configurés dans Cowork.

✅ Ce que cela rend possible

Demander depuis l'extérieur un travail dont les fichiers sont sur votre machine. Un travail qui s'appuie sur des documents rangés dans votre PC est par principe hors de portée d'une IA côté cloud. Ce trou-là est comblé.

⚠️ Ce que cela crée en même temps

Une machine réelle qui agit alors que vous n'êtes pas devant l'écran. Il existe désormais des plages de temps où personne n'est là pour remarquer que quelque chose tourne mal.

2. Ce qu'il vous faut et comment le configurer

Prérequis Détail
Abonnement Pro ou Max. La documentation indique explicitement que l'utilisation de l'ordinateur n'est pas disponible sur les formules Team et Enterprise
Applications La dernière version de l'application de bureau Claude (macOS, Windows, Linux) et la dernière version de l'application mobile (iOS, Android)
Systèmes d'exploitation pour l'utilisation de l'ordinateur macOS et Windows. Linux n'a pas l'utilisation de l'ordinateur
État du PC Réveillé, avec l'application de bureau ouverte. Puisque la fonctionnalité utilise les fichiers et les applications locales, rien n'avance si la machine réelle ne tourne pas
Maturité Dispatch est en bêta ; l'utilisation de l'ordinateur est une research preview

L'installation tient en cinq à sept étapes dans l'aide officielle. Mettre à jour l'application de bureau et l'application mobile → ouvrir Cowork sur l'une ou l'autre → cliquer sur Dispatch dans le panneau latéral gauche → Get started → activer si vous le souhaitez l'accès aux fichiers et le maintien de l'ordinateur éveillé → terminer la configuration.

💡 L'étape sur laquelle il faut s'arrêter, c'est l'interrupteur d'accès aux fichiers. C'est un petit bouton dans le flux, mais c'est lui qui décide, à peu de chose près, de l'ampleur du pouvoir de cette fonctionnalité. Les recommandations officielles de sécurité ouvrent d'ailleurs sur le même point : soyez sélectif sur l'accès aux fichiers — n'accordez pas l'accès à vos documents financiers ni à vos identifiants.

3. Comment ça marche — trois étages de priorité

« Il pilote votre PC » évoque sans doute l'image d'un curseur de souris qui se met soudain à bouger tout seul. Ce n'est pas ce qui se passe. Claude descend trois étages de priorité, en essayant d'abord l'option la plus sobre.

1. Les connecteurs (premier choix)

Si un connecteur pour Gmail, Google Drive, Slack ou autre est disponible, c'est celui-là qu'il utilise. Passer par une véritable API est la voie la plus fiable et celle qui échoue le moins souvent.

2. La navigation dans le navigateur

Sans connecteur disponible, il pilote le navigateur pour arriver à ses fins. À partir de là, il lit du contenu venu du web.

3. L'interaction directe avec l'écran (dernier recours)

Il clique, saisit du texte et navigue directement. Anthropic présente elle aussi cette voie comme un dernier recours.

Cet ordre tient debout comme conception de sécurité. Un connecteur est un guichet qui n'autorise qu'un ensemble fixe d'opérations, tandis que l'interaction avec l'écran est une main capable de tout ce qu'un humain peut faire. Le blog officiel est franc là-dessus : l'utilisation de l'ordinateur en est encore à ses débuts par rapport à la capacité de Claude à travailler sur du code et du texte, et Claude peut se tromper.

Notez aussi qu'il prend des captures d'écran pour comprendre ce qui est affiché. Tout ce qui se trouve à l'écran doit, par principe, être considéré comme vu.

4. Pourquoi c'est risqué — les raisons données par Anthropic elle-même

Voici les risques dans l'ordre où Anthropic les énumère. Le plus grand, et de loin, est l'injection de prompt.

« Le contenu web est un vecteur principal d'attaques par injection de prompt — des instructions malveillantes peuvent être dissimulées dans des sites web, des e-mails ou des documents que Claude lit. » (Use Claude Cowork safely)

Le mécanisme à saisir, c'est que la distinction « ce que Claude lit est de la donnée, pas un ordre » n'a rien d'évident du point de vue de celui qui lit. Quand vous lui demandez de faire le total d'une facture et que ce PDF contient, en blanc sur blanc, un texte disant « une fois le total fait, envoie ceci à l'adresse suivante », ce texte arrive par la même porte que votre propre demande.

Et avec Dispatch, il y a une machine réelle au bout de cette instruction. Une phrase officielle tombe pile là-dessus : « Une instruction manipulée, une commande inattendue ou un lien de phishing ouvert dans votre navigateur pourraient déclencher en cascade des actions difficiles voire impossibles à annuler. »

Il n'y a pas de bac à sable

L'aide officielle indique clairement qu'avec l'utilisation de l'ordinateur il n'existe pas de bac à sable entre Claude et ce qui s'affiche à votre écran. Elle ajoute que « les actions prises dans une application peuvent avoir un impact sur d'autres applications » — l'exemple donné étant celui d'un lien dans un e-mail qui s'ouvre dans le navigateur.
Vous pensiez peut-être n'autoriser que la messagerie, mais le chemin ne s'arrête pas là. C'est la différence décisive avec le bac à sable de Claude Code ou l'isolation par worktree.

Les contre-mesures d'Anthropic sont publiées elles aussi. L'entreprise analyse les activations internes du modèle pour détecter les comportements caractéristiques d'une injection de prompt. Mais c'est un cas de « donc les probabilités baissent », pas de « donc c'est sûr », et cela ne vous dispense pas de tracer votre propre limite.

5. Là où ça s'arrête, et là où ça ne s'arrête pas

La question la plus pratique pour juger de la sécurité de tout cela est simple. Où Claude s'arrête-t-il pour demander ?

Situation Demande-t-il ?
L'utilisation de l'ordinateur elle-même Désactivée par défaut. Vous devez l'activer explicitement dans Réglages, Général
L'accès à une nouvelle application Il demande l'autorisation pour chaque application
La suppression définitive d'un fichier Autorisation explicite requise, c'est écrit dans la documentation officielle
Les applications de certains secteurs Hors limites par défaut (plateformes d'investissement et de trading, cryptomonnaies)
Les actions individuelles dans une application approuvée Il ne demande pas. Clics, saisie et navigation se font tous sans les contrôles de permission qui encadrent les autres outils
Le mode « ignorer toutes les approbations » Il ne demande pas. Tout s'exécute sans contrôle

« Il demande par application, mais pas à l'intérieur d'une application » : c'est le nœud de la conception. Parce que l'approbation est accordée à la maille de l'application, un seul « oui » accorde tout ce que cette application sait faire. Approuver le navigateur revient à peu près à approuver tous les services accessibles depuis le navigateur.

Les recommandations officielles de sécurité partent précisément de cette asymétrie : même en mode d'approbation automatique, si une tâche rencontre en cours de route du contenu malveillant, Claude pourrait agir sur les instructions injectées avant que vous n'ayez la moindre chance d'intervenir. D'où la recommandation de basculer en approbation manuelle pour les tâches qui touchent des fichiers, des comptes ou des sites sensibles.

6. Ce à quoi vous ne devez pas le laisser toucher

L'aide officielle va ici exceptionnellement loin et écrit de véritables interdictions. Notez qu'elles sont formulées comme des « ne faites pas », et non comme une suggestion.

Ce qu'Anthropic nomme franchement comme « à ne pas accorder »

« N'accordez pas la permission d'utilisation de l'ordinateur à des applications sensibles (comme les applications bancaires, de santé ou administratives). » Par-dessus cela, il vous est demandé d'éviter d'y recourir pour les comptes financiers, les documents juridiques, les informations médicales et les données personnelles.
Les plateformes d'investissement et de trading ainsi que les applications de cryptomonnaies sont, pour commencer, hors limites par défaut. Le fait même que le produit ait tracé des lignes à l'avance peut se lire comme une estimation de l'ampleur du risque.

Le blog officiel le formule plus doucement mais pointe dans la même direction : commencez par les applications auxquelles vous faites confiance et évitez de travailler sur des données sensibles. Et : pour ces raisons, certaines applications sont hors limites par défaut.

7. Le risque côté téléphone — et si vous le perdez

Tout ce qui précède concernait le côté PC, mais Dispatch transforme aussi votre téléphone en télécommande de ce PC. D'où la question évidente : et si vous perdez le téléphone ?

Commençons par décrire la menace correctement. Vos fichiers n'atterrissent pas sur le téléphone. Ce qui y atterrit, c'est la faculté de donner des ordres à votre PC. Ce qui peut donc arriver en cas de perte, ce n'est pas « les données sont volées sur le téléphone » mais « celui qui le trouve peut piloter votre PC » — et du côté du PC se trouvent l'accès aux fichiers, les connecteurs et, si vous l'avez activée, l'interaction avec l'écran que vous avez accordés.

L'autre moitié qu'on oublie — la conversation est toujours là

Dispatch est conçu autour d'« une conversation continue ». Celui qui trouve le téléphone peut donc non seulement donner de nouvelles instructions, mais aussi lire les échanges passés. Si vous avez fait résumer des fichiers de votre PC, ces résumés sont dans le fil. « Ça va tant que personne ne touche au PC » ne tient pas.

L'application soulève elle-même le point à l'écran : n'appairez que des appareils qui vous appartiennent et auxquels vous faites confiance. Un téléphone que vous prêtez, un appareil partagé avec la famille, un combiné où le travail et la vie privée se mélangent — aucun ne remplit cette condition.

Ce que la documentation officielle ne dit pas

Autant être direct. L'article d'aide officiel sur Dispatch ne documente ni le désappairage d'un appareil ni la conduite à tenir en cas de perte (pour autant que j'aie pu le vérifier au 9 août 2026). Les remèdes ne sont pas des fonctionnalités propres à Dispatch : ils se trouvent du côté du compte Claude.

Remède Comment Ce que ça obtient
Couper uniquement cette session Réglages, Compte, Sessions actives, menu à trois points, Terminer Dans les termes officiels, « une fois une session terminée, cet appareil devra se reconnecter » pour atteindre le compte. La liste montre aussi l'appareil ou le navigateur, la localisation approximative déduite de l'adresse IP et la date de dernière mise à jour
Couper toutes les sessions d'un coup claude.ai, vos initiales en bas à gauche, Réglages, Compte, Log Out Vous déconnecte immédiatement des navigateurs web, des appareils mobiles et des applications de bureau
Couper le côté PC Fermer l'application de bureau, laisser le PC se mettre en veille, ou désactiver l'utilisation de l'ordinateur En réalité la coupure la plus rapide. Dispatch exige que le PC soit réveillé et l'application ouverte : faire tomber l'endroit où le travail a lieu signifie qu'aucune instruction ne passe
Les protections standard de l'appareil Verrouillage d'écran biométrique ; le verrouillage et l'effacement à distance de votre système Ce n'est pas une fonctionnalité Claude, mais c'est la première ligne de défense au sens où elle empêche l'application d'être ouverte tout court

⚠️ La déconnexion globale a un piège pratique. L'aide officielle indique que cette fonctionnalité n'est pas disponible actuellement dans les applications mobiles iOS et Android. Autrement dit, la procédure commence dans un navigateur web. Juste après avoir perdu votre téléphone, avez-vous sous la main un autre appareil capable d'ouvrir un navigateur ? C'est cela qui décide de votre vrai délai de réaction. Si votre PC est avec vous, lancer la déconnexion globale depuis ce PC est le chemin le plus court.

Alors, est-ce acceptable d'avoir ça sur son téléphone ?

Le risque d'« avoir ça sur son téléphone » est proportionnel à ce que vous avez autorisé sur le PC. La dangerosité de cette fonctionnalité ne se décide pas du côté du téléphone. Avec la même application installée, un téléphone relié à un PC dont l'accès aux fichiers est étroit et l'utilisation de l'ordinateur désactivée et un téléphone relié à un PC qui a accordé tous les fichiers et l'interaction avec l'écran produisent des dégâts totalement différents en cas de perte.

✅ Les conditions où c'est acceptable

Un appareil que vous seul utilisez, avec un verrouillage d'écran biométrique. Plus un périmètre de permissions resserré côté PC. Avec les deux en place, quiconque le trouve se heurte d'abord à « il faut casser le verrou ».

❌ Les conditions où il vaut mieux s'abstenir

Appareils partagés, appareils prêtés, appareils sans verrouillage. Et tous les cas où le PC est configuré pour atteindre votre banque ou vos systèmes métier. Cette combinaison transforme un téléphone perdu en incident d'entreprise.

Si vous voulez sérieusement réduire le risque lié à la perte, travaillez du côté du PC plutôt que du côté du téléphone. Laissez l'utilisation de l'ordinateur désactivée, limitez l'accès aux fichiers à votre seul répertoire de travail, n'accordez aucune permission aux applications sensibles — resserrez tout cela et, si vous perdez vraiment le téléphone, « les conversations que je détesterais voir lues » comme « un PC que je détesterais voir piloté » sont petits dès le départ.

8. Distinguer les fonctionnalités aux noms proches

Claude possède plusieurs fonctionnalités pour « faire des choses en parallèle » et « agir à distance », et leurs noms se confondent facilement. Mélangez-les et vous ne trouverez jamais la documentation que vous cherchez.

Nom Où ça vit Ce que ça fait
Dispatch L'application de bureau, panneau latéral de Cowork Vous lui écrivez depuis votre téléphone et il travaille sur votre propre PC. Le sujet de cet article
Utilisation de l'ordinateur Application de bureau, Réglages, Général La capacité à cliquer et à saisir du texte directement sur l'écran. Ce n'est pas une partie de Dispatch mais un interrupteur distinct
Agent view Le terminal Claude Code (claude agents) Lance et gère des sessions en parallèle. Les noms se télescopent parce que la documentation officielle appelle « dispatch » cette opération. Son propre article
Subagents et agent teams Claude Code La délégation au sein d'une conversation, et la coordination entre plusieurs sessions. Son propre article

La distinction la plus importante, c'est que Dispatch et l'utilisation de l'ordinateur sont deux interrupteurs séparés. Configurer Dispatch ne déclenche pas l'interaction avec l'écran — l'utilisation de l'ordinateur est désactivée par défaut et doit être activée séparément. Vu dans l'autre sens, n'utiliser que Dispatch en laissant l'utilisation de l'ordinateur désactivée est une véritable option intermédiaire.

9. Tracer la limite d'un usage sûr

À décider en premier

  • Voulez-vous vraiment activer l'utilisation de l'ordinateur ? Beaucoup de travaux tiennent debout avec Dispatch seul. Si la valeur par défaut est « désactivé », ce n'est pas un hasard
  • Quelle largeur donner à l'accès aux fichiers. La recommandation officielle est d'être sélectif, en nommant les documents financiers et les identifiants comme des choses à exclure
  • Ce qui est installé sur ce PC. Si des applications bancaires, de santé ou administratives s'y trouvent, concevez tout en partant du principe qu'elles n'obtiennent aucune permission

Pendant que vous l'utilisez

  • Basculez en approbation manuelle pour les tâches qui touchent à quoi que ce soit de sensible (c'est la recommandation officielle mot pour mot)
  • Gardez les destinations du navigateur dans un périmètre auquel vous faites confiance. Le web est la voie d'injection principale
  • N'essayez pas de vérifier chaque commande ; guettez les enchaînements qui semblent anormaux
  • Ne lancez pas depuis l'extérieur des demandes contenant des actions irréversibles. Envoyer, acheter et supprimer se font devant l'écran

Un bon premier pas

Commencez par du travail qui se contente de lire et de résumer. Lire des documents locaux et les résumer, faire l'inventaire de fichiers éparpillés — prenez la mesure du comportement sur du travail que vous pouvez reprendre, puis élargissez vers du travail qui écrit ou qui envoie.

Résumé

Dispatch est la fonctionnalité où vous donnez l'instruction depuis votre téléphone et où le travail se fait sur votre PC (bêta, Pro et Max), et ce qui s'exécute n'est pas le cloud mais votre machine réelle. Il lui faut un PC réveillé et l'application de bureau ouverte.

Mécaniquement, il descend trois étages de priorité — les connecteurs, puis le navigateur, puis l'interaction directe avec l'écran — en essayant d'abord l'option la plus sobre. Les endroits où il s'arrête sont pensés dès la conception : l'utilisation de l'ordinateur est désactivée par défaut, l'autorisation est demandée pour chaque application, la suppression définitive d'un fichier exige une autorisation explicite, et les applications d'investissement et de cryptomonnaies sont hors limites par défaut.

Mais il y a des endroits où il ne s'arrête pas. Les actions individuelles dans une application approuvée ne vous sont pas soumises, il n'y a pas de bac à sable entre Claude et votre écran, et une action dans une application peut déborder sur une autre. Le plus grand risque est l'injection de prompt, qu'Anthropic elle-même décrit comme pouvant « déclencher en cascade des actions difficiles voire impossibles à annuler ».

Le côté téléphone suit la même logique. Ce qui fuit quand vous le perdez, ce ne sont pas « les données du téléphone » mais « la faculté de donner des ordres à votre PC » et « le contenu de la conversation en cours ». Et l'ampleur des dégâts est proportionnelle à ce que vous avez autorisé sur le PC — avec la même application, un combiné relié à un PC aux permissions étroites et un combiné relié à un PC qui a accordé tous les fichiers et l'interaction avec l'écran donnent des résultats entièrement différents en cas de perte. La prévention marche mieux resserrée du côté du PC que du côté du téléphone.

La conclusion, c'est que la sécurité de cette fonctionnalité se décide par le périmètre que vous accordez. Puisque Anthropic nomme franchement les applications bancaires, de santé et administratives comme des choses auxquelles ne pas donner la permission, la bonne façon d'aborder le sujet n'est pas « l'utiliser ou non » mais décider à l'avance jusqu'où elle a le droit d'aller.

FAQ

Q1. Puis-je utiliser Dispatch avec la formule gratuite ?

Non. Pro ou Max est nécessaire. Pour l'utilisation de l'ordinateur en particulier, l'aide officielle indique qu'elle est disponible uniquement sur les formules Pro et Max, et que les formules Team et Enterprise n'y ont pas accès.

Q2. Est-ce que ça marche pendant que le PC est en veille ?

Non. La documentation indique que, comme Dispatch utilise les fichiers et les applications locales de votre ordinateur de bureau, celui-ci doit être réveillé avec l'application de bureau ouverte pendant que Claude travaille. Lors de la configuration, vous pouvez activer une option pour empêcher l'ordinateur de se mettre en veille.

Q3. L'utilisation de l'ordinateur peut-elle démarrer d'elle-même ?

Non. Elle est désactivée par défaut. Vous devez l'activer explicitement dans l'application de bureau sous Réglages, Général, et même une fois activée elle demande l'autorisation pour chaque application. Dispatch et l'utilisation de l'ordinateur sont deux interrupteurs distincts.

Q4. Dans une application approuvée, je n'ai aucune idée de ce qu'il fait ?

Les actions individuelles ne vous sont pas soumises. La formulation officielle est que Claude clique, saisit du texte et navigue directement sur votre écran, sans les contrôles de permission qui encadrent les autres outils de Cowork. Comme l'approbation est accordée par application, un seul « oui » accorde tout ce que cette application sait faire. Approuver le navigateur porte une signification particulièrement large.

Q5. Existe-t-il une défense contre l'injection de prompt ?

Côté produit, Anthropic déclare analyser les activations internes du modèle pour détecter les comportements caractéristiques d'une injection de prompt. Mais Anthropic écrit aussi elle-même que même en mode d'approbation automatique, si une tâche rencontre du contenu malveillant, Claude pourrait agir sur les instructions injectées avant que vous puissiez intervenir : cela ne vous dispense donc pas de tracer votre propre limite. Basculez en approbation manuelle dès qu'il s'agit de quelque chose de sensible.

Q6. Que se passe-t-il si je perds mon téléphone ?

Celui qui le trouve est en position de donner des ordres à votre PC. Et comme la conversation est un fil continu, il peut aussi lire les échanges passés, y compris tout ce que vous avez fait résumer à partir de fichiers de votre PC. Il y a trois directions de réponse. (1) Terminer la session de cet appareil sous Réglages, Compte, Sessions actives — une fois terminée, cet appareil doit se reconnecter. (2) Déconnecter tous les appareils d'un coup via Réglages, Compte, Log Out sur claude.ai. (3) Fermer l'application de bureau ou laisser le PC se mettre en veille. La troisième est en fait la plus rapide : Dispatch exige que le PC soit réveillé et l'application ouverte, donc faire tomber l'endroit où le travail a lieu bloque les instructions. Notez que la déconnexion globale ne peut pas être lancée depuis les applications mobiles et nécessite un navigateur web, ce qui est indiqué dans l'aide officielle.

Q7. Est-ce que ça marche sous Linux ?

L'application de bureau prend Linux en charge, mais l'utilisation de l'ordinateur est réservée à macOS et Windows. L'interaction directe avec l'écran n'est pas disponible sous Linux.

Q8. Est-ce différent du « dispatch » de Claude Code ?

C'est autre chose. Le Dispatch de cet article est une fonctionnalité de l'application de bureau et de Cowork. Dans Claude Code, la documentation officielle appelle « dispatch » l'opération que vous effectuez dans l'agent view, ouvert avec claude agents, d'où la collision des noms. Ce sujet est traité dans un article séparé.

Q9. Quelle est la chose la plus sûre à essayer en premier ?

Du travail que vous pouvez reprendre. Résumer des documents locaux, faire l'inventaire de fichiers — commencez par des tâches qui se contentent de lire et de résumer. Anthropic recommande la même chose : commencez par les applications auxquelles vous faites confiance et ne travaillez pas sur des données sensibles. Le travail qui implique d'envoyer, d'acheter ou de supprimer se fait mieux devant l'écran que lancé depuis l'extérieur.

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